
Il se peut que des rites nouveaux prennent alors leur sens. C'est le « Chemin du retour » du Dragon qui, dans la dignité et le rayonnement d’être ce qu’il Est, rejoint avec une fougue joueuse le monde manifesté. Cette joyeuse union confère une initiation toute particulière. On apprend la magie du dedans afin de l’exprimer et de la faire rayonner. Des milliers de facettes colorées jaillissent et se transmettent depuis cet espace vide, plein de potentiel. C’est alors que le cœur ouvert, la manifestation subtile du méta-sens s’offre dans sa dimension charnelle, sensorielle. C’est l’heure du rituel final. De l’oblation.
La souvenance perpétuelle de l’acte primordial de la naissance de la conscience implique fatalement : la mort. Ainsi, revenir dans le monde revient en quelque sorte à mourir à la non-existence. Cette double négation offre dès lors une dimension rituelle évidente et spontanée. On en vient à comprendre la naissance de tout culte. On se réfère directement à l’objet émané comme à la semence dans le champ potentiel qui va s’exprimer, s’ouvrir comme un lotus et manifester son information. Nous avons appris par le charnel à aimer ce qui est et c’est ainsi que nous pouvons le VOIR d’une manière extrêmement familière.
L’icône apparait. Elle n’est pas une idole. Les débutants manipulent des idoles. Car ils se manipulent eux-mêmes. Le sorcier accompli ne peut qu’utiliser l’icône. C'est-à-dire l’image active de son propre positionnement métaphysique. L’icône implique la notion d’image. Le sujet et son obscurité sont respectés. La Loi magique n’est pas violée. Car elle se fait d’une manière tout à fait naturelle : reliée à la dimension spirituelle du sorcier.
Mais construire l’autel de l’oblation depuis le lieu même de la Citadelle-de-la-Nuit, c’est une pure affaire d’amour. Le jour se lève sur celui dont le cœur s’est éveillé. Il aime car il n’est plus. Il est le témoin effacé de l’objet aimé. Et les parures de ce non-centre de tous les centres dont le cœur est si profond, sont des semences intellectives. Les guirlandes de lettres et les offrandes internes jubilatoires sont de mise. Ces offrandes peuvent s’extrapoler dans des objets matériels. On assiste dès lors à une miniaturisation du macrocosme. On reproduit par l’autel, l’Univers dans son ensemble. L’espace magique est spontanément célébré par l’acte. C'est un acte de louange car rappelons-le, le tout est une affaire d’amour.
Au centre de l’autel, l’icône, représentation macrocosmique du magicien. L’icône reçoit l’oblation du sujet même. Cette opération est appelée Sacrifice.































